Innover pour de meilleures données : l’OECO mise sur l’imagerie aérienne par drone à Sainte-Lucie
Communiqué de presse de l’OECO
Dans le cadre du projet « Des données pour la prise de décision » de l'OECO financé par la Banque mondiale, la Commission de l’Organisation des États de la Caraïbe orientale (OECO), en collaboration avec l’Institut des Nations Unies pour la formation et la recherche (UNITAR), et avec le soutien de la Division de statistique des Nations Unies (UNSD) et de l’Institut fédéral de technologie de Zurich (ETH Zurich), a organisé avec succès un atelier intitulé : « Conception expérimentale et modalités de mise en œuvre : utilisation de l’imagerie par drones (UAV) pour produire des statistiques officielles à Sainte-Lucie ».
Cet atelier s’est tenu du 24 au 26 juin 2025, et a réuni des acteurs du Système statistique national (SSN) de Sainte-Lucie, principalement des producteurs de données administratives. Il portait sur les méthodes permettant d’améliorer les estimations de population et de renforcer la disponibilité des données socioéconomiques, notamment dans les quartiers informels, grâce à l’utilisation stratégique de l’imagerie par drone (UAV).
L’imagerie UAV au service des politiques publiques
Lors de la cérémonie d’ouverture de l'atelier, M. Sean Mathurin, Directeur du Bureau central de la statistique (CSO) de Sainte-Lucie, a souligné le potentiel intersectoriel de cette technologie :
« Cette approche innovante est déjà utilisée par d’autres ministères, départements, agences et secteurs, notamment l’agriculture, l’urbanisme, la surveillance environnementale, la gestion des catastrophes et le développement des infrastructures. L’intégration de l’imagerie UAV permet au CSO de collecter des données précises, rapides et à haute résolution, en particulier dans les zones difficilement accessibles. »
Donner de la visibilité aux territoires oubliés
Mme Valrie Grant, Conseillère stratégique en géomatique auprès de la Commission de l’OECO, a mis l’accent sur le manque de données géospatiales fiables qui pénalise les petits États insulaires :
« Ceux d’entre nous qui vivent dans les Caraïbes savent à quel point il est urgent d’avoir de meilleures données. Nous vivons les conséquences de l’absence d’informations et de cartes obsolètes. Nous savons ce que c’est qu’une communauté invisible dans les statistiques — et donc invisible dans la planification. »
« Nous avons vu les tempêtes redessiner nos côtes, vu les quartiers informels s’étendre à mesure que des familles cherchaient des zones plus sûres, et ressenti le poids de la reconstruction sans les données nécessaires pour guider nos décisions. »
« Ce travail ne consiste pas seulement à produire de meilleurs modèles, mais à produire de meilleurs résultats. Si nous le faisons bien, il nous permettra de mieux cibler les services, de réagir plus vite aux catastrophes, et de concevoir des plans d’adaptation climatique basés sur la réalité de nos populations. »
Un projet pilote reproductible à l’échelle régionale
Mme Sherma Beroo, cheffe de projet du programme DDM, a également souligné l’importance de cette initiative pour tous les États membres de l’OECO :
« L’espoir est que, si cette méthode s’avère concluante, elle puisse être adoptée et adaptée par tous nos États membres. L’harmonisation est essentielle à l’OECO, car elle soutient l’intégration économique, la coopération régionale, la normalisation des politiques, la collecte et l’analyse de données, et renforce la crédibilité ainsi que la gouvernance. En continuant d’harmoniser nos politiques, nos lois et nos règlements, l’OECO pourra créer une région plus cohérente et intégrée, au bénéfice du bien-être social, économique et environnemental de tous. »
Atelier technique et coopération régionale
Au cours de l’atelier, les participants ont mené des sessions de travail collaboratives portant sur :
- L’intégration de la technologie UAV aux sources de données existantes telles que les recensements, les enquêtes ménages et les données citoyennes ;
- L’utilisation des drones pour mieux comprendre les dynamiques démographiques et les vulnérabilités des infrastructures, au service d’une meilleure planification urbaine, gestion des risques et développement durable ;
- Le renforcement des capacités des producteurs de données nationaux en systèmes d'information géographique (SIG) et en intégration de l’imagerie UAV dans les statistiques officielles.
Un modèle d’avenir pour la Caraïbe orientale
L’OECO envisage cette approche comme un modèle adaptable et évolutif dans l’ensemble de ses États membres. Le développement d’un secteur local de drones fiable et sécurisé est essentiel pour :
- Réduire la dépendance aux fournisseurs étrangers ;
- Renforcer les chaînes d’approvisionnement critiques ;
- Garantir que les avantages de cette technologie soient pleinement exploités dans la région.
Par son engagement en faveur de l’innovation dans la collecte de données et de la coopération régionale, l’OECO continue de promouvoir l’intégration économique, la bonne gouvernance et le développement durable dans la Caraïbe orientale.
Claudia Mc Dowell
OECO Unité de communication