3ᵉ Réunion du Conseil des ministres de l'Immigration de l'OECO à la Grenade

Allocution du Directeur général de l'OECO

5 mars 2025

L'HEURE DES DÉCISIONS : LA LIBRE CIRCULATION DE NOS POPULATIONS

Bonjour à toutes et à tous, et bienvenue à cette 3ᵉ réunion du Conseil des ministres de l’Immigration.

Nous adressons nos sincères remerciements au gouvernement et au peuple de Grenade pour leur hospitalité chaleureuse et pour l’organisation de cet événement essentiel.

La réunion d’aujourd’hui témoigne de notre engagement commun à renforcer la coopération régionale sur les questions migratoires et à améliorer le régime de libre circulation des personnes au sein de l’OECO. Notre objectif est de bâtir une région plus unie – une région qui facilite la mobilité des personnes, stimule les opportunités économiques et favorise la cohésion sociale. Trop longtemps, que ce soit au niveau de la CARICOM ou de l’OECO, nous avons parlé de la libre circulation de nos populations sans en faire une réalité. Ce qui rend cette situation d’autant plus ironique, c’est que sous la Fédération des Antilles (the West Indies Federation, en anglais) – une structure coloniale impériale – la libre circulation existait bel et bien.

Reconnaître le contexte mondial et régional

Nous nous trouvons à un moment décisif de notre histoire. Les bouleversements politiques et économiques mondiaux – en particulier aux États-Unis – ont déjà des répercussions considérables sur notre région. Nous sommes confrontés à des réductions drastiques de l’aide internationale, à un durcissement des politiques migratoires et à l’imposition de droits de douane sur nos exportations. De plus, des ultimatums nous ont été adressés concernant la présence de médecins cubains dans la région. Ces évolutions exercent une pression supplémentaire sur l’OECO, qui doit accepter le retour des personnes expulsées, les réintégrer dans nos sociétés et assumer les coûts sociaux et sécuritaires associés.

Face à ces défis, nous devons nous unir. En renforçant nos liens, nous pouvons consolider notre intégration économique et sociale et accroître notre résilience face aux pressions extérieures.

Nous avons souvent tendance à voir les problèmes sans identifier les opportunités. Je suis toujours guidée par l’un de mes proverbes chinois préférés dit que « la crise est une opportunité portée par un vent dangereux ».

Pourquoi ce Conseil des ministres de l’Immigration est essentiel

Compte tenu des évolutions mondiales, cette réunion du Conseil des ministres revêt une importance capitale. Nous devons renforcer notre intégration régionale à travers de nouvelles politiques et des cadres juridiques qui soutiennent non seulement la libre circulation des personnes, mais garantissent aussi la sécurité de nos frontières et modernisent nos procédures migratoires.

Aujourd’hui, il ne s’agit pas seulement de discuter, mais d’agir. so what are some of the key matters being brought for Ministerial approval? Alors, quelles sont les principales questions soumises à l'approbation ministérielle ?

  1. Projet de loi-type sur les droits contingents de l’OECO : Cette loi est essentielle pour appliquer la politique des droits contingents dans tous les États membres de l’OECO. Elle garantit que les citoyens de tout État membre du Protocole de l’OECO puissent bénéficier des mêmes droits et opportunités dans un autre État membre, notamment en matière d’emploi, de santé, d’éducation et de protection sociale. Son adoption marquera un pas décisif vers une intégration régionale plus inclusive.
  2. Projet de loi-type sur l’information avancée sur les passagers (API) et les dossiers passagers (PNR) de la CARICOM : Maintenir des frontières sûres est primordial, même dans le cadre de la libre circulation. Ce projet de loi permettra aux États de l’OECO de partager des données clés sur les passagers afin d’identifier rapidement les menaces potentielles et de lutter contre la criminalité transnationale. Votre soutien à ce projet de loi est essentiel pour assurer la sécurité de notre région.
  3. Mise en œuvre du projet de loi-type sur les mandats d'arrêt de la CARICOM : Cette mesure permettra le traitement rapide des mandats d'arrêt transfrontaliers, garantissant que les personnes impliquées dans des activités criminelles ne puissent pas échapper à la justice simplement en se déplaçant entre nos pays. L'adoption de ce traité nous aide à lutter plus efficacement contre la criminalité transnationale, ce qui rend notre région plus sûre.
  4. Accord de partage des données pour les agences frontalières : La sécurité moderne repose sur l’échange rapide et sécurisé d’informations. En adoptant un cadre de partage des données, nous veillerons à ce que nos agences frontalières disposent des outils nécessaires pour protéger nos citoyens. L’automatisation des processus, intégrant une approche écosystémique plutôt qu’un enchevêtrement de logiciels distincts, nous permettra de gagner en efficacité et en sécurité.
  5. Automatisation des processus aux points d’entrée : Nous avons déjà mis en place des formulaires de débarquement et d’embarquement (ED) en ligne, ce qui améliore les procédures frontalières. Mais nous devons aller plus loin en intégrant des systèmes plus avancés, afin que tous les États membres de l’OECO puissent bénéficier de solutions technologiques modernes.

Mises à jour et points d’information

  1. Procédures opérationnelles standardisées (POS) pour les déplacements transfrontaliers en période post-catastrophe : Nous recevrons des mises à jour sur les efforts visant à améliorer la gestion des déplacements de population à travers les frontières pendant et après les catastrophes naturelles. Cette question est essentielle pour garantir la sécurité et la stabilité de notre région en période de crise.
  2. Programme conjoint du Fonds d’affectation spéciale pour la sécurité des Nations Unies et politique de migration de la main-d'œuvre : Nous entendrons des présentations sur les collaborations en cours visant à traiter des questions telles que la mobilité humaine, les changements environnementaux et les réponses aux catastrophes. Les mécanismes de réponse aux catastrophes dans l’OECO ont été largement mis à l’épreuve avec les ouragans Irma et Maria. Je partage souvent cette anecdote : après la destruction totale de la Dominique, ceux qui ont eu l’occasion d’y aller ont pu voir un paysage semblable aux conséquences d’une bombe atomique. Les Dominiquais sont devenus instantanément des réfugiés climatiques. Beaucoup sont arrivés à Sainte-Lucie et dans d’autres pays, et nous avons dû rapidement mettre en place des protocoles qui n’existaient pas auparavant. Face à cette catastrophe, personne n’avait de pièce d’identité officielle délivrée par le gouvernement. Certains n’avaient que les vêtements qu’ils portaient. Comment les avons-nous identifiés ? Nous avons dû installer des caméras dans les aéroports et mettre en place un formulaire pour recueillir un maximum d’informations (noms des grands-parents, des parents, date de naissance… tout ce dont ils se souvenaient). En réalité, le seul élément permettant d’identifier un Dominiquais était son accent, ce qui leur a permis de se relocaliser.
  3. Politique de migration de la main-d'œuvre dans l'OECO : L’Organisation internationale du travail (OIT) présentera des recommandations sur la meilleure façon de gérer la migration de la main-d'œuvre afin qu’elle profite à nos économies, tout en respectant les droits des travailleurs. Cette politique vise à garantir des salaires équitables, un environnement de travail sûr et un traitement égal pour tous.
    Ces questions ne doivent pas être traitées de manière isolée. Nous avons été approchés par des entrepreneurs de l’OECO nous demandant quelle était la position des gouvernements de la région sur l’importation de main-d’œuvre, notamment d’Amérique latine ou d’Haïti. Cela montre clairement que nous avons un sérieux déficit de compétences dans certains domaines.
    Nous ne pouvons pas résoudre ce problème en le considérant uniquement sous l’angle de la migration ou de l’emploi. Que faisons-nous en matière d’éducation pour préparer notre population à saisir ces opportunités ?
  4. Programme de formation pour les agents frontaliers face aux nouvelles menaces sécuritaires : Alors que les défis sécuritaires évoluent, nos agents frontaliers doivent recevoir une formation spécialisée et actualisée. Ce programme leur permettra d’être pleinement préparés à protéger efficacement notre région.

Conclusion : Un appel à l’unité

Chers collègues, les décisions que nous prendrons aujourd’hui auront un impact significatif sur nos citoyens, en façonnant la manière dont notre région répond aux défis et saisit les opportunités. En travaillant ensemble, nous renforçons l’esprit d’unité qui nous a guidés jusqu’à présent.

Notre objectif ne doit pas se limiter à renforcer la sécurité des frontières. Nous devons aussi veiller au respect des droits fondamentaux de chaque individu au sein de notre espace et garantir la libre circulation des personnes en toute sécurité. Les décisions que nous prenons aujourd’hui définiront notre avenir commun. Elles nous permettront de résister aux pressions extérieures (et croyez-moi, ces pressions seront de véritables étaux) tout en favorisant la prospérité au sein de l’OECO.

J’invite chacun d’entre vous à participer activement aux discussions avec un esprit de coopération et une détermination renouvelée à bâtir une région plus forte et plus unie.

Ensemble, nous pouvons accélérer notre progression vers un avenir plus inclusif et prospère.

Merci, et j’ai hâte d’échanger avec vous lors de cette 3ᵉ réunion du Conseil des ministres de l’Immigration.

OECO Unité de communication

Organisation des États de la Caraïbe Orientale

 

 

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L'Organisation des États de la Caraïbe Orientale (OECO) est une organisation internationale dédiée à l'harmonisation et l'intégration économique, la protection des droits de l'homme et juridiques, et l'encouragement de la bonne gouvernance dans les pays indépendants et non indépendants dans la Caraïbe orientale. L'OECO est née le 18 Juin 1981, lorsque sept pays de la Caraïbe orientale ont signé un traité acceptant de coopérer entre eux, tout en favorisant l'unité et la solidarité entre ses membres. Le traité est connu comme le Traité de Basseterre, ainsi nommé en l'honneur de la ville capitale de Saint-Kitts-et-Nevis où il a été signé. Aujourd'hui l’OECO, compte douze membres, répartis dans la Caraïbe orientale comprenant Antigua-et-Barbuda, la Dominique, Grenade, Montserrat, Saint-Kitts-et-Nevis, Sainte-Lucie, Saint-Vincent-et-les-Grenadines, les Îles Vierges Britanniques, Anguilla, la Martinique, la Guadeloupe et Saint-Martin.

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